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Le coût total des guerres en Irak et en Afghanistan pourrait atteindre 2 400 milliards de dollars d’ici 2017, selon un rapport officiel du Bureau du budget du Congrès américain (CBO) publié mercredi 24 octobre. Selon ce rapport, les dépenses pour les guerres pourraient atteindre 1 700 milliards de dollars, auxquels il faudrait ajouter 705 milliards pour payer les intérêts d’emprunts, que le gouvernement américain devrait encore contracter d’ici à 2017.C’est la première fois que le CBO prend en compte les intérêts des emprunts relatifs aux dépenses engagées pour la guerre.

On oublie systématiquement, lorsqu’on parle de ces coûts, de signaler qu’il s’agit ni plus ni moins d’un transfert de fonds, des poches des contribuables américains vers les poches des propriétaires des industries sollicitées, fabricants d’armes, pétrolières, fournisseurs de services, etc.
Ces compagnies appartiennent à ceux qui soutiennent, inspirent et dirigent les Néo-conservateurs, tant aux Etats-Unis que dans le monde.


Comme le disait Eisenhower, les milliards de dollars du budget de la défense américain sont le résultat d’un « détournement » des autres budgets « sociaux »… Les millions d’américains vivant en dessous du seuil de pauvreté le doivent à la priorité donnée depuis des décennies au lobby militaro-industriel. Les tensions et dangers du monde actuel en sont aussi la résultante : car la moitié de ce budget, s’il était consacré au développement des économies arriérées, contribuerait largement à déminer de nombreux conflits régionaux. Des dizaines de millions d’humains, dans de très nombreux pays, verraient avec reconnaissance les Usa si, au lieu de donner la priorité à la vente d’armes, à l’installation de bases militaires, et au pillage de matières premières, ils organisaient le développement et la coopération.

Dépenses militaires en hausse, budgets sociaux et aide au développement en berne ; nous voici revenus au niveau des dépenses de « la guerre froide ». plus de 956 milliards de $ sont consacrés aux dépenses militaires dans le monde, soit 152 $ pour chaque habitant de la planète. C’est 10 fois plus que les sommes que les pays riches accordent à l’aide au développement des pays pauvres. La France qui arrive en 3 ème position parmi les pays les plus dépensiers en matière d’armement, prévoit de consacrer 22% de son budget national aux crédits militaires, en hausse de 4,3% sur l’an dernier. La part pour la modernisation de l’armement nucléaire est également en augmentation. Faut-il sacrifier les budgets de l’éducation, de la culture, de la recherche, du logement, … pour construire un second porte avions, un 5 ème sous-marin, un nouveau missile nucléaire ? Pour parer à quelles menaces ? Pour faire face à quel ennemi ? Il faut en finir avec ce vieil adage éculé qui continue d’affirmer « si tu veux la paix prépare la guerre » ; avec les résultats calamiteux que l’on connaît.

L’Europe a bien des difficultés, depuis dix ans à donner un contenu social a son union : les projets de « charte » sociale restent vagues, ou bien sont rejetés en » annexe » aux traités, les directives sont essentiellement consacrées à démanteler le droit du travail au lieu de le rendre constitutif du droit de la concurrence. Que signifierait, dans ce cadre, de rendre l’Europe de la défense plus « essentielle » que l’Europe sociale ? Imiter les Usa, et détourner les budgets sociaux déjà insuffisants ? Donner à notre tour, au monde pauvre, l’image du choix de la force et de la guerre en priorité par rapport au développement ?

J’avoue être très inquiet des projets de notre gouvernement en matière de sécurité et de défense et des récents propos de M. Kouchner, appelant à se « préparer au pire », à une « guerre » contre l’Iran, propos doublés d’une véritable croisade pour faire adopter des sanctions contre l’Iran, « séparées des sanctions aux Nations unies ».

Cette attitude rompt avec la stratégie engagée jusqu’alors avec nos partenaires européens, qui différait de celle de George Bush, partisan de la manière forte avec l’Iran. Ce brusque alignement de la diplomatie française est d’autant plus stupéfiant que dans son rapport récent, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) estime avoir franchi « un pas en avant significatif » concernant les inspections et la transparence des programmes nucléaires iraniens. Passer outre l’Onu et mettre en cause les efforts de l’AIEA, fragilisent les négociations en cours et le système de sécurité international.

La prolifération nucléaire menace la survie de l’humanité. Seul un processus global de désarmement nucléaire peut répondre à ces risques de prolifération. C’est à cet effort urgent que la France doit se consacrer. Menacer d’une guerre sous prétexte de manquements au Traité de non-prolifération, quand la France contrevient elle-même à ce Traité en poursuivant de nouveaux programmes nucléaires militaires, est un crime contre la raison, la justice et la paix.
Dans le même temps, notre gouvernement appel à une intégration plus poussée de la France et de l’Europe dans l’Otan, à augmenter les ventes d’armes et à accroître les dépenses militaires des pays de l’Union européenne. Ces politiques vont accentuer la militarisation des relations internationales, relancer une nouvelle course aux armements et nous entraînent vers les pires confrontations.

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