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Par B. Michael


Le 29 décembre 2008

B. Michael tient une chronique dans le quotidien israélien Yediot Aharonot.


La revoilà encore, cette guerre cyclique « déjà-vue ». Ce même bain de sang cérémoniel que l’on verse encore une fois sur cette lave brûlante qui a conduit la région entière à la misère depuis des dizaines d’années maintenant.

A dire vrai, on est fatigué de cette tâche obligatoire consistant à diviser le septième jour de la Guerre des Six Jours en « opérations », « guerres », « batailles », et « campagnes, » qui toutes ensemble forment une guerre continue, une grande boucherie. La guerre de l’occupant contre l’occupé et la guerre de l’occupé contre l’occupant.

Et à nouveau nous entendons ces grandes phrases sur le courage, la surprise, la sophistication et le succès. Pourtant la nature de cette « surprise » que nous avons provoquée chez le Hamas n’est pas tout à fait claire. Avons-nous donc empêché l’organisation de déployer ses avions ? A-t-elle échoué à faire progresser à temps son unité de blindés ? A-t-elle échoué à déployer ses batteries de missiles Patriot ?

De plus, nul besoin de le nier, il n’y a guère de gloire ni de courage à survoler une prison géante et tirer sur sa population en utilisant des hélicoptères et des avions de chasse. Jusqu’ici c’est surtout dans les commentaires excités de dizaines de généraux (de réserve) que se sont manifestés sophistication et succès. Généraux qui jouissent à nouveau des feux de la rampe. Comme toujours.

Toujours est-il qu’au milieu de toute cette fanfaronnade, comme d’habitude, nous voyons apparaître une vérité bien petite et laide : Nos villes du sud ont été frappées par des dizaines de missiles, tandis que la Bande de Gaza compte des centaines de morts. Presque la moitié d’entre eux sont des civils ; presque la moitié d’entre eux sont des diplômés d’un cours de police qui n’ont aucun rapport avec les roquettes Qassam.

Pourtant nous avons déjà vu cette folie sanglante maintes et maintes fois. Après tout, c’était précisément la voie qu’Israël avait suivi pendant les années épouvantables de l’Intifada. Après chaque terrible attaque menée par des groupes palestiniens, Israël a bombardé un commissariat de police ou un bureau administratif appartenant à l’Autorité palestinienne, au point où l’AP a perdu son pouvoir et statut, permettant au Hamas d’accéder au pouvoir sur ses cendres.

Alors, qui allons nous couronner aujourd’hui dans notre désir de ne pas décevoir nos masses en colère ?

Seuls la haine, le deuil, la douleur et le désir de vengeance sortiront de cette opération, tant ici que là. Peut-être que quelqu’un gagnera quelques sièges à la Knesset aussi. Oui vraiment, tout cela est accablant et si lugubre.


Publication originale Yediot Aharonot, traduction par K, contributeur du blog d’Alain Gresh

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